Mathieu Bernard Réserver 30 min

Parcours

Du code à la direction générale, et retour.

Développeur, CTO, associé, directeur général, puis cofondateur. Treize ans à construire des équipes techniques, et une cession vécue de l’intérieur.

2010 — 2013

Le code d’abord

J’ai commencé comme développeur, à Laval, sur un projet peu ordinaire : un simulateur de chirurgie dentaire en réalité virtuelle, en PHP et en C++. On y apprend vite qu’un logiciel n’est pas une démonstration : il doit tenir, être maintenu, et servir des gens qui ne sont pas développeurs.

J’ai ensuite conduit des projets Symfony. C’est là que j’ai compris que la difficulté d’un projet tient rarement au code seul : elle tient au découpage, aux estimations, à la communication avec ceux qui paient.

2013 — 2025

Bocasay : construire des équipes, à des milliers de kilomètres

En 2013, je deviens CTO et associé de Bocasay, une jeune société de développement informatique fondée un an plus tôt, avec un centre à Antananarivo. J’ai 25 ans. Le principe est simple à énoncer et difficile à tenir : des équipes de développeurs dédiées, à Madagascar, qui travaillent pour des clients en France et à l’international comme s’ils étaient dans le même bureau.

Pendant douze ans, j’ai construit cette machine. D’abord à Madagascar, puis au Vietnam, à Hô Chi Minh-Ville, puis à l’île Maurice. Recruter, former, organiser les équipes, fixer les méthodes, tenir la qualité de livraison, et faire en sorte qu’un client à Paris oublie la distance.

  • 3 centres de développement créés
  • 170 développeurs en production
  • 400+ profils recrutés, formés et intégrés dans des équipes

Je suis ensuite devenu directeur général. Le métier a changé : aux questions d’architecture se sont ajoutés le budget, la rentabilité, les contrats, les recrutements de managers. C’est cette double lecture, technique et économique, que j’apporte aujourd’hui en mission.

2019 — 2021

La vente

En 2019, le groupe de conseil Maltem entre au capital de Bocasay à hauteur de 30 %, puis finalise le rachat de la société. Pour une entreprise construite à partir de rien, c’est une forme de validation : un groupe de plus de mille personnes juge que les équipes, les méthodes et les clients valent d’être repris.

Une cession, vue de l’intérieur, apprend beaucoup. On découvre ce qu’un acquéreur regarde vraiment, ce qui rassure et ce qui inquiète, et combien la tech pèse dans la négociation dès qu’elle n’est pas documentée. C’est exactement ce que je regarde aujourd’hui quand je mène une due diligence technique.

2025 — aujourd’hui

Etixio, et un retour au code

En 2025, après une pause de quelques mois consacrée à un projet personnel, je cofonde Etixio. Le nom vient de la rencontre entre « éthique » et « Océan Indien » : des équipes à Madagascar et à l’île Maurice, et une façon de travailler plus juste pour tous. J’y suis CTO : architecture, qualité du code et intégration de l’IA.

Cette période m’a aussi ramené au code, beaucoup. L’IA générative a changé la façon de construire un logiciel, et je voulais la comprendre par la pratique : une plateforme d’employés IA, un socle pour agents sur mesure, une passerelle LLM open source, des modèles de langage qui tournent dans une application PHP. Les projets et les articles de ce site en sont le journal.

Aujourd’hui

Ce que j’en ai gardé

Treize ans de direction technique, du premier développeur recruté à la cession d’une société, laissent quelques convictions simples. Une équipe à distance fonctionne si les règles sont écrites. Une dette technique se négocie tant qu’elle est chiffrée. Un CTO sert d’abord à prendre des décisions, et à les expliquer à ceux qui ne sont pas techniques.

C’est ce que je propose aux entreprises qui n’ont pas de CTO, qui en cherchent un, ou qui doivent savoir ce que vaut leur tech avant une levée ou une cession : quelques jours par mois, ou le temps d’une mission.